Cap
Digital est le pôle de compétitivité des
contenus numériques d’Île-de-France.
Qu’est-ce que cela recouvre ?
Philippe Roy : Comme tous les autres pôles, Cap
Digital est une association dont le financement est assuré
par les cotisations de ses membres et des subventions publiques. Il
rassemble 336 adhérents dont 80 % de PME/TPE, environ 20
grands groupes industriels (dont Lagardère Active Media,
Thalès, Alcatel Lucent, Bull, France Telecom, Hachette,
Editis, SFR) et une quarantaine d’établissements
regroupant plus de 180 laboratoires de recherche sur nos
secteurs.
Nous sommes organisés en neuf
secteurs : ingénierie des connaissances, patrimoine
numérique, jeux vidéo, multimédia,
technologies et intelligence collaboratives, services et usages,
éducation et formation numériques, design et
robotique.
Très concrètement, quelles
sont les missions de Cap Digital ?
Philippe Roy : Notre mission générale
consiste à constituer un pôle mondial pour la
création, l’édition et la diffusion des
contenus numériques.
Notre première mission est
l’animation de notre écosystème avec des
événements comme les « Rencontres Cap
Digital » ainsi que des séminaires et colloques
sur les thématiques de notre secteur. Nous aidons aussi nos
membres à se développer à
l’international, en leur permettant d’être
présents sur de grands salons internationaux et en les
soutenant dans le montage de projets européens (PCRD,
Eureka). Notre troisième mission est relative au montage et
au financement de projets de R&D ciblés vers les
guichets de financements Oséo, l’Agence Nationale de
la Recherche (ANR) et le Fonds Unique Interministériel
(FUI).
Pour les trois prochaines années,
nous allons aussi avoir des actions sur les financements
privés, la formation et la gestion des compétences,
et enfin vers la création d’équipements
structurants pour notre écosystème.
Vous avez vu éclore de beaux projets
au sein de Cap Digital. Quel exemple vous semble le plus
marquant ?
Philippe Roy : Nous avons incubé, par exemple, un
très beau projet dans le domaine de la postproduction.
Plusieurs studios se sont rassemblés pour investir ensemble
sur une chaîne de production commune leur permettant de
travailler ensemble sur de grosses productions.
Nous
tenons beaucoup à ces projets qui se développent en
partenariat entre nos membres. A ce titre, nous observons le
nouveau dispositif de Crédit d’Impôt Recherche
avec une certaine ambivalence : s’il représente
une manne de financement très appréciée par
les entreprises, il est tellement avantageux qu’il conduit
potentiellement les plus grandes entreprises à
privilégier les projets de recherche mono-partenaires.
Ainsi, elles risquent de diminuer leur coopération avec de
plus petits acteurs alors que la création des pôles de
compétitivités est ciblée sur le montage et le
financement de projets collaboratifs.
Quelles sont les possibilités de
financement liées à l’appartenance à un
pôle de compétitivité ?
Philippe Roy : Les membres peuvent présenter des
projets de R&D pour labellisation. Le label permet
d’obtenir des abondements dans le cadre des projets
financés par Oséo ou par l’ANR. Quant au FUI,
le label du pôle est requis pour y présenter un
projet. À ce jour, nous avons reçu 401 projets dont
environ 150 sont labellisés et ont obtenu près de 150
M€ de financements publics sur des budgets totaux de 360
M€.